Famine Pâtes Riz

Cycle LA TOISON DORT / épisode 1

Performance solo
Conception, texte, jeu : David Noir
2007 - 2008

En quête d’un coin sûr pour faire le nid d’un autre masculin, je suis un primate de l’espèce humaine, individu mâle, grimé en singe, déguisé en tout ; qui chante, bouge et balbutie au milieu d’autres animaux.

David Noir_Toison dort_Photo Derrouetteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Famine Pâte Riz a été créé les  26/ 28/ 29 septembre 2007 à La Guillotine (Montreuil) grâce à l’ouverture d’esprit et la perspicacité bienveillante de Philippe Ahmed Braschi.
 
Diffusion : Dieppe Scène Nationale, accueilli par Jérôme Lecardeur en collaboration avec Marianne Clevy (Corps de Textes)
Espace  Jemmapes (Paris), à l’invitation de  Moustapha Aïchouche
 
Extrait

Les artistes composent réellement une race de misère que j’exècre. Pire encore, l’amateur d’art : le con fini à l’état pur qui croit du haut de sa bourgeoisie mentale de débile qu’il y a de la grandeur à ne pas vouloir se fondre dans le commun où déjà il se trouve. Mais l’artiste, pire que le pire, fait mourir le précieux qu’il contient aussi sûrement que le reste du monde social peut le faire, sans ménagement et le sourire aux lèvres. L’artiste est l’exploitant le plus infect de la poésie naturelle dont il est le malheureux réceptacle et dépositaire – et qu’il ferait bien de taire, plutôt que d’encourager le commun à croire qu’il sait de quoi il parle lorsqu’il pense admirer une œuvre. L’artiste en devenir est le premier coupable, le premier assassin de cet enfant sympathique qu’il abrite en son corps. Le sexe du jeune artiste est une lampe d’Aladin qu’il convient d’astiquer pour en faire jaillir le génie et suinter ses 3 vœux les plus chers : Gloire, Richesse, Reconnaissance ! Gloire, Richesse, Reconnaissance !

Que ne met-il d’abord à mort toute cette engeance adulte, à commencer par ses géniteurs, avant de se permettre le premier vers, le premier coup de pinceau, le premier chant émanant de ses lèvres. Nul autre témoin que lui-même ne devrait malheureusement être son public et tout serait paisible au monde, dans l’ignorance du beau. Car aucune enfance n’est préservée ici bas et les cadavres s’entassent, se couchent sur le papier comme des putes sur leurs lits d’abattage. Des kilomètres de queues s’enfilent le Grand Palais, comme entre les cuisses d’un perpétuel adolescent qui recouvre sa virginité à chaque nouvel accrochage de ses slips tachés, tendus sur de splendides cadres dorés. Quel émoi !

La régression est l’apogée de mon rapport au monde et je conchie tous les auteurs qui passent un temps infini à corriger leur copies plutôt que d’aller jouir ou se torcher à plaisir dans des draps imbibés du mélange de leurs transpirations, d’humeurs intimes et de plaquettes de chocolat prêt à fondre. Bientôt aussi couru que les turgescences du phallus et de la chatte au rayon du symbole, la grande fluidité du transit est en passe de tenir le haut du pavé dans nos cœurs. Les Institutions, de ce fait, deviennent peu à peu les immenses cuvettes providentielles appelées de nos vœux – aux bords blancs émaillés et glissants – poétiquement dévolues à la fonction de passeur et tendues à nos culs citoyens. Elles incitent par la brillance de leur éclat, à la production diarrhéique des auteurs bien en face du trou. Je les respecte pour l’efficacité de leur siphon et l’authenticité de leur béance vers le néant. À moi de chier proprement dedans, bien au centre pour épargner les bords, telle une élite de la nation visant les profondeurs autant que les sommets…

La_Toison-Dort_ep_1_David_Noir_Photo Mélanie Derouetteau

David Noir – Photo Mélanie Derouetteau

 

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